Pourquoi cette chanson ?
Quand on a partagé une grande partie de sa vie avec quelqu’un, il y a une pensée que l’on repousse volontiers : un jour, l’un des deux partira avant l’autre.
J’ai écrit « Le grand départ » en pensant à ce moment-là. Non pas avec la peur de la mort, mais avec une question beaucoup plus intime : que reste-t-il de nous lorsque celui ou celle avec qui nous avons tout partagé n’est plus là ?
Je crois qu’un amour construit pendant des années ne disparaît pas avec une absence. Il reste dans les gestes, dans une place autour de la table, dans une lumière à la fenêtre, dans une chanson, un souvenir qui revient sans prévenir ou simplement dans une façon de continuer à vivre.
Cette chanson est comme un dernier message laissé à celui ou celle qui reste : continue. Vis. Aime encore. Et ne crois pas que tout ce que nous avons construit s’est envolé avec moi.
Parce que l’amour ne meurt peut-être pas. Il change seulement de présence.
Paroles
Et un matin viendra, peut-être,
où je partirai avant toi.
Sans fracas, sans bruit,
comme on ferme une porte
pour ne pas réveiller
ce qu’on aime encore.
Tu seras là, dans la lumière,
avec tes gestes familiers.
Moi je parlerai des yeux
quand les mots seront usés.
Tu ne diras rien,
mais j’entendrai
comment vivre après moi.
Tu feras comme on a toujours fait,
avec dignité, avec tendresse.
Notre amour connaît le chemin,
même quand l’absence nous laisse.
Rien ne se perd de nous deux,
je resterai près de toi.
Dans chacun de tes gestes,
je vivrai, crois-moi.
Les rires au bord de la table,
les dimanches qui nous ressemblent,
les tempêtes traversées
avec nos deux mains ensemble.
Même loin, je serai là
dans les choses simples de ta vie.
Dans la lumière d’une fenêtre,
dans un souvenir qui sourit.
Tu feras comme on a toujours fait,
avec dignité, avec tendresse.
Notre amour connaît le chemin,
même quand l’absence nous laisse.
Rien ne se perd de nous deux,
je resterai près de toi.
Dans chacun de tes gestes,
je vivrai, crois-moi.
Et si un soir
tu tends la main
et que la mienne n’y est plus,
reste encore un peu,
sans bouger.
Je passerai
juste derrière toi.
Tu feras comme on a toujours fait,
même avec le vide, même avec l’absence.
Et si parfois tu m’appelles encore
dans le silence,
ne t’inquiète pas
si personne ne répond.
C’est moi
qui t’écoute autrement.
Rien ne se perd de nous deux,
je resterai près de toi.
Dans chacun de tes gestes,
je vivrai,
je vivrai,
crois-moi.
Et si mes pas s’arrêtent un jour,
n’aie pas peur du silence.
Garde juste
un peu de moi
dans ta façon d’aimer.
Parce que tant que tu vis,
je ne suis jamais
parti.
L’amour ne meurt pas.
Il change seulement
de présence.
