Pourquoi cette chanson ?
J’ai écrit « Laissez-moi encore un peu » en pensant à celui ou celle qui reste après avoir partagé toute une vie à deux.
Quand l’autre disparaît, il ne laisse pas seulement une place vide. Il reste une tasse sur la table, un manteau sur une chaise, une place dans le lit, des objets que sa main a touchés et mille petites habitudes auxquelles personne d’autre ne faisait vraiment attention.
Pour les autres, ce ne sont peut-être que des choses. Pour celui qui reste, elles sont encore un peu de sa présence. Alors pourquoi faudrait-il tout ranger tout de suite ? Pourquoi faudrait-il être prêt simplement parce que les jours passent ?
Le deuil a son propre temps. Garder encore un vêtement, une tasse ou une place intacte n’empêche pas de continuer à vivre. C’est parfois simplement une façon de laisser doucement le cœur comprendre ce que la raison sait déjà.
Cette chanson est une demande toute simple : ne me pressez pas. Je rangerai un jour. Mais pas ce soir. Laissez-moi encore un peu de nous deux.
Paroles
On s’est aimés toute une vie,
À travers les jours, les tempêtes,
Entre les rêves et les combats,
Et les promesses qu’on se répète.
Le temps a glissé sur nos mains,
Sans jamais vraiment nous prévenir
Qu’un jour le silence viendrait
Apprendre à l’amour à survivre.
Et maintenant que tout se tait,
Que la maison garde son nom,
Ne me demandez pas déjà
De changer toute la maison.
Alors laissez-moi encore un peu
Sa tasse posée sur la table,
Son rire dans la maison.
Laissez-moi encore un peu
Ses pas dans le couloir,
Sa voix que j’entends encore.
Car toute une vie d’amour
Ne s’efface pas comme ça.
Je rangerai tout un jour…
Mais ce soir,
Laissez-moi encore un peu.
On a connu les vents contraires,
Les jours trop lourds, les nuits trop longues,
Des mots blessés dans la colère,
Des silences qui nous bousculent.
Mais l’amour tenait bon en nous
Quand tout semblait vouloir sombrer,
Et chaque matin nous apprenait
À rester là, à nous aimer.
Alors laissez-moi encore un peu
Sa place vide près de la mienne,
Son verre à moitié plein.
Laissez-moi encore un peu
Son manteau resté sur la chaise,
Ses affaires restées là.
Car toute une vie d’amour
Ne s’efface pas comme ça.
Je rangerai tout un jour…
Mais pas ce soir.
Pas encore.
Pas déjà.
On a partagé les saisons,
Les enfants, les rires, les tourments.
Et tout ce que nous avons vécu
Respire encore dans le présent.
Les objets gardent la mémoire
Des gestes et des jours heureux.
Et chaque chose dans la maison
Continue de parler de nous deux.
Et maintenant que tout se tait,
Que la nuit raconte son absence,
Je garde au fond de ma voix
La lumière de sa présence.
Alors laissez-moi encore un peu
Sa tasse posée sur la table,
Son rire dans la maison.
Laissez-moi encore un peu
Ses pas dans le couloir,
Sa voix que j’entends encore.
Car toute une vie d’amour
Ne s’efface pas comme ça.
Je rangerai tout un jour,
Quand mes nuits seront moins bleues…
Mais ce soir…
Laissez-moi encore un peu.
Encore un peu de nous deux…
Encore un peu de toi…
