Les chansons de Jacky Delaire

Des histoires de vie, des mots et des émotions mis en chansons.


Je vous laisse

Pourquoi cette chanson ?

J’ai écrit « Je vous laisse » après le décès d’une cousine atteinte d’un cancer. Après un long combat contre la maladie et la souffrance, elle avait choisi de demander l’euthanasie.

Cette décision m’a fait beaucoup réfléchir. Comment trouve-t-on les mots pour dire au revoir lorsque l’on sait que le moment approche ? Comment expliquer à ceux que l’on aime que choisir de partir ne signifie pas qu’on les aime moins, mais que le corps est arrivé au bout de ce qu’il peut supporter ?

Comme dans certaines de mes chansons, j’ai choisi de me placer du côté de celle qui s’en va. Ce ne sont évidemment pas les paroles de ma cousine et je ne prétends pas savoir ce qu’elle pensait. J’ai simplement imaginé ce qu’une personne arrivée au terme d’un long combat pourrait vouloir dire une dernière fois à ceux qu’elle aime.

« Je vous laisse » parle de cette séparation, de la douleur de ceux qui restent, mais surtout de l’amour qui demeure lorsque la présence s’efface.

Partir, dans cette chanson, ce n’est pas cesser d’aimer. C’est dire une dernière fois : « Je vous laisse… mais je vous aime. »

Paroles

Ne m’en veux pas si je choisis le voyage,
Le combat fut long, la douleur sévère.
Mon corps s’est fatigué avant l’âge,
Et mes nuits ne trouvent plus la lumière.

Je ne pars pas parce que je vous quitte,
Je pars parce que je ne tiens plus.
Ce n’est pas un geste de fuite,
C’est un souffle qui n’en peut plus.

Je vous laisse… mais je vous aime.
Je vous laisse… le cœur plein quand même.
Ce choix est doux malgré les pleurs,
Il est né au fond de ma douleur.
Je vous laisse… sans colère.

Chaque matin pèse un peu plus lourd,
Chaque geste devient un combat.
Je voudrais encore retenir les jours,
Mais mon corps ne m’écoute pas.

Je ne demande pas qu’on comprenne tout,
Seulement qu’on entende ma voix.
Il arrive un moment où rester debout
Devient plus dur que le choix.

Je vous laisse… mais je vous aime.
Je vous laisse… et rien ne s’éteint vraiment.
Ce n’est pas renoncer à vous,
C’est cesser de lutter à genoux.
Je vous laisse… doucement.

Le médecin entre.
Le silence respire.
Je vous regarde, je souris.

Il n’y a plus de peur.
Seulement une fatigue immense
Qui va enfin s’endormir.

Je vous laisse… mais je vous aime.
Je vous laisse… et c’est moi qui l’aime.
Ce dernier geste est un repos,
Une paix que j’attendais trop.
Je vous laisse…
Et je pars apaisé.

Je vous laisse… mais je vous aime.
Je vous laisse… et c’est moi qui l’aime.

Je vous laisse… et c’est moi qui l’aime.
Je vous laisse… mais je vous aime
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