Les chansons de Jacky Delaire

Des histoires de vie, des mots et des émotions mis en chansons.


Je vous confie

Pourquoi cette chanson ?

J’ai écrit « Je vous confie » après le suicide d’une connaissance. Face à un geste pareil, ceux qui restent cherchent des réponses. Ils se demandent ce qu’ils n’ont pas vu, ce qu’ils auraient pu faire, ce qu’ils auraient pu dire. Et souvent, il ne reste que des questions.

Pour cette chanson, j’ai choisi d’écrire comme si c’était lui qui parlait. Non pas pour prétendre savoir ce qu’il pensait ou ce qu’il aurait réellement voulu dire, mais pour imaginer les mots qu’un homme arrivé au bout de ses forces aurait peut-être aimé laisser à ceux qu’il aimait.

Des mots pour leur dire de ne pas s’accuser. Pour leur dire que l’amour était là, autour de lui, même si sa souffrance était devenue trop grande pour qu’il puisse encore le ressentir.

J’ai appris ensuite que ce texte avait été lu lors de l’office religieux. Je ne l’avais pas écrit pour cela. Mais savoir que mes mots avaient pu accompagner sa famille dans un moment aussi douloureux m’a profondément touché.

« Je vous confie », c’est donc une voix imaginée pour celui qui ne pouvait plus parler, mais surtout quelques mots déposés dans la main de ceux qui restent.

Paroles

Ne m’en voulez pas
Je suis parti fatigué.
Fatigué à l’intérieur,
là où les mots n’arrivent plus
à se former.

Je n’ai pas su dire que c’était trop.
Je n’ai pas su demander.
Je n’ai pas su attendre encore.

Ce n’est pas l’amour qui manquait.
Il était là,
autour de moi,
tout près.
Mais je n’arrivais plus à le sentir.

Je vous confie
ce que je n’ai pas su dire,
ce silence enfoui
que je n’ai pas su écrire.
Je vous confie
ce poids dans mes jours.
Ce n’était pas un manque d’amour.

Ne cherchez pas une raison claire.
Il n’y en a pas toujours.
Parfois, il y a simplement un cœur qui s’use
et une lumière qui tremble.

Je sais votre peine.
Je la devine.
Je n’ai jamais voulu laisser un vide,
seulement faire taire ce bruit
qui ne s’arrêtait plus.

Je vous confie
ce que je n’ai pas su dire,
ce silence enfoui
que je n’ai pas su écrire.
Je vous confie
ma nuit sans détour.
Ce n’était pas un manque d’amour.

Gardez de moi ce qui était simple,
ce qui riait sans raison,
ce qui aimait comme il pouvait,
maladroitement,
mais vrai.

Parlez-moi quand vous en ressentez le besoin.
Je serai dans un souvenir,
dans un rire qui revient sans prévenir,
dans une pensée qui passe doucement.

Je vous confie ces mots,
comme on dépose quelque chose
dans une main ouverte.