Pourquoi cette chanson ?
J’ai écrit « Ils m’ont fait homme » à l’occasion d’une fête des Pères. Ils ne sont plus là aujourd’hui, mais j’avais envie, à ma manière, de leur dire merci.
Il y a d’abord mon père. Chez nous, les sentiments ne passaient pas beaucoup par les grands discours. Ils étaient dans les gestes, dans le travail, dans une main posée au bon moment, dans cette présence discrète qui vous apprend à tenir debout sans même vous expliquer comment.
Et puis la vie m’a donné un autre père, celui de la femme que j’aimais et qui allait devenir mon épouse. Il m’a ouvert sa porte, fait une place dans sa maison et dans sa vie. Avec lui aussi, il y eut le travail, les heures que l’on ne comptait pas, les repas du dimanche et cette affection qui n’avait pas besoin de beaucoup de mots pour exister.
Avec les années, j’ai compris tout ce que ces deux hommes m’avaient transmis. Le courage, le travail, la droiture, mais surtout cette façon d’aimer davantage par les actes que par les paroles.
Ils ne sont plus là pour entendre cette chanson. Alors je l’ai écrite pour leur dire ce que je ne leur ai peut-être pas assez dit : merci. Merci de m’avoir fait homme.
Paroles
J’ai pas grandi dans les grands discours
Mais dans les gestes
Y avait pas beaucoup de mots à la maison
Mais j’ai jamais manqué de rien
Un regard suffisait, je savais où aller
Et je connaissais déjà le chemin
Une main posée sans faire de bruit
Pour dire tiens bon, ça va passer
On parlait peu mais aujourd’hui
Je sais ce que ça voulait dire
C’est pas dans les mots que j’ai appris
Mais dans les mains qui m’ont construit
Dans le travail et le silence
Dans cette forme d’amour en évidence
Si je tiens debout aujourd’hui
C’est que quelqu’un l’a fait pour moi aussi
Sans jamais dire mais en faisant
Merci de m’avoir fait homme aujourd’hui
Et puis un jour y a eu une autre porte
C’est l’amour qui m’a conduit vers lui
Le père de celle que j’aimais
Un autre homme, une autre façon
Pas de distance, pas de faute
Juste une place dans sa maison
On a travaillé sans compter les heures
Des semaines à plus finir
Et le dimanche c’était le cœur
Un repas pour se dire merci sans le dire
Je me souviens d’un jour sans bruit
D’une décision qui n’avait pas de prix
Dans des yeux que j’avais jamais vus pleurer
J’ai compris sans qu’on me parle
Que j’avais vraiment compté pour lui
C’est pas dans les mots que j’ai appris
Mais dans les vies qui m’ont construit
Dans le courage et la droiture
Dans tout ce qu’on fait sans signature
Et si je donne un peu de ça
À ceux qui viennent après moi
Alors je saurai au fond de moi
Que je vous dois tout ça
Merci de m’avoir fait homme
