Les chansons de Jacky Delaire

Des histoires de vie, des mots et des émotions mis en chansons.


Derrière la vitre

Pourquoi cette chanson ?

J’ai écrit « Derrière la vitre » en pensant à ma mère. Enfant, je ne manquais pas du nécessaire. J’avais des vêtements propres, de quoi manger, une maison. Elle était là. Et pourtant, il me manquait ces gestes que l’on ne peut ni acheter ni remplacer : des bras quand on a peur, une caresse, quelques mots pour rassurer.

Je crois que j’ai vraiment compris ce manque plus tard, lorsque j’ai connu la mère de celle qui allait devenir mon épouse. J’ai découvert une autre manière d’être mère, faite de gestes, de tendresse, d’attention. En la regardant, j’ai compris ce que j’avais attendu sans même savoir le nommer.

Cette chanson n’est pourtant pas un reproche adressé à ma mère. Avec les années, on comprend que chacun aime avec ce qu’il a reçu, avec ce qu’il sait donner… ou ne sait pas donner. Alors j’ai choisi de ne pas garder la colère. J’ai simplement essayé, à mon tour, de donner davantage ce qui m’avait manqué.

Certains aiment en silence, sans savoir aimer autrement.

Paroles

Des habits propres… du pain sur la table
Une maison droite… presque confortable

Tu étais là… oui, tu étais là
Mais pas vraiment… pour moi

Pas de bras quand ça tremblait
Pas de mots… pour apaiser

Je demandais peu… presque rien
Un geste… juste un lien

Tu disais va voir ton père
Et moi… je me taisais

Alors j’ai grandi sans bruit
Avec des mots jamais dits

Le cœur déjà trop sérieux
Pour un enfant dans ses yeux

Derrière la vitre… tu étais là
Si proche… et pourtant pas

Présente… mais loin de moi
Comme un amour… qui ne vient pas

Des heures dehors… à courir
Pour ne pas sentir

Ou enfermé dans mes pages
À changer de paysage

Même malade… tu veillais
Mais sans jamais me toucher

Comme une ombre en plein jour
Sans chaleur… autour

J’ai compris bien plus tard
Sans bruit… sans regard

Que certains silences
Durent longtemps

Alors j’ai grandi sans bruit
Avec des mots jamais dits

Le cœur déjà trop sérieux
Pour un enfant dans ses yeux

Derrière la vitre… tu étais là
Si proche… et pourtant pas

Présente… mais loin de moi
Comme un amour… qui ne vient pas

Puis un jour…

Une main… posée sans raison

Un regard… qui reste
Même quand ça va pas

Et là…
j’ai compris

Alors j’ai appris à donner
Ce que je n’avais jamais eu

À aimer… sans compter
À ne plus rester retenu

Et aujourd’hui je comprends
Sans colère… sans jugement

Que certains aiment en silence
Sans savoir… autrement