Pourquoi cette chanson ?
J’ai écrit « Derrière la vitre » en pensant à ma mère. Enfant, je ne manquais pas du nécessaire. J’avais des vêtements propres, de quoi manger, une maison. Elle était là. Et pourtant, il me manquait ces gestes que l’on ne peut ni acheter ni remplacer : des bras quand on a peur, une caresse, quelques mots pour rassurer.
Je crois que j’ai vraiment compris ce manque plus tard, lorsque j’ai connu la mère de celle qui allait devenir mon épouse. J’ai découvert une autre manière d’être mère, faite de gestes, de tendresse, d’attention. En la regardant, j’ai compris ce que j’avais attendu sans même savoir le nommer.
Cette chanson n’est pourtant pas un reproche adressé à ma mère. Avec les années, on comprend que chacun aime avec ce qu’il a reçu, avec ce qu’il sait donner… ou ne sait pas donner. Alors j’ai choisi de ne pas garder la colère. J’ai simplement essayé, à mon tour, de donner davantage ce qui m’avait manqué.
Certains aiment en silence, sans savoir aimer autrement.
Paroles
Des habits propres… du pain sur la table
Une maison droite… presque confortable
Tu étais là… oui, tu étais là
Mais pas vraiment… pour moi
Pas de bras quand ça tremblait
Pas de mots… pour apaiser
Je demandais peu… presque rien
Un geste… juste un lien
Tu disais va voir ton père
Et moi… je me taisais
Alors j’ai grandi sans bruit
Avec des mots jamais dits
Le cœur déjà trop sérieux
Pour un enfant dans ses yeux
Derrière la vitre… tu étais là
Si proche… et pourtant pas
Présente… mais loin de moi
Comme un amour… qui ne vient pas
Des heures dehors… à courir
Pour ne pas sentir
Ou enfermé dans mes pages
À changer de paysage
Même malade… tu veillais
Mais sans jamais me toucher
Comme une ombre en plein jour
Sans chaleur… autour
J’ai compris bien plus tard
Sans bruit… sans regard
Que certains silences
Durent longtemps
Alors j’ai grandi sans bruit
Avec des mots jamais dits
Le cœur déjà trop sérieux
Pour un enfant dans ses yeux
Derrière la vitre… tu étais là
Si proche… et pourtant pas
Présente… mais loin de moi
Comme un amour… qui ne vient pas
Puis un jour…
Une main… posée sans raison
Un regard… qui reste
Même quand ça va pas
Et là…
j’ai compris
Alors j’ai appris à donner
Ce que je n’avais jamais eu
À aimer… sans compter
À ne plus rester retenu
Et aujourd’hui je comprends
Sans colère… sans jugement
Que certains aiment en silence
Sans savoir… autrement
