Pourquoi cette chanson ?
J’ai écrit « Ceux d’en haut » en pensant à tous ceux qui, aujourd’hui, ont le sentiment de devoir toujours faire un effort de plus. Une taxe qui augmente, une facture qui pèse davantage, des économies à faire… et, au bout du mois, des familles et des travailleurs qui comptent chaque euro pour simplement vivre décemment.
Pendant ce temps, les décisions se prennent loin de leur quotidien. On parle de chiffres, de budgets, de mesures « nécessaires » ou « courageuses ». Mais derrière une ligne dans un tableau, il y a toujours quelqu’un qui devra la payer.
Cette chanson est née de ce décalage que je ressens entre ceux qui décident et ceux qui vivent les conséquences de leurs décisions. Elle ne parle pas d’un parti en particulier. Elle parle de cette distance qui s’installe lorsque les citoyens ont l’impression qu’on leur demande toujours davantage sans vraiment voir comment ils vivent.
Parce qu’on peut parler longtemps de chiffres. À la fin, ce sont toujours des femmes et des hommes qui doivent faire les comptes.
Paroles
Ils parlent de cap
De réalité
De mesures courageuses
Qu’ils ne paieront jamais
Ils décident de vies
Entre deux cafés tièdes
Des lignes sur papier
Qui deviennent nos dettes
Ils disent « il faut »
Sans jamais dire pourquoi
Appris trop haut
Pour voir ceux qu’ils broient
Ils parlent d’efforts
Toujours au pluriel
Mais jamais les leurs
Toujours les nôtres au réel
Ils savent très bien
Mais ils parlent autrement
Ceux d’en haut… décident pour nous
Ceux d’en haut… sans rien savoir de nous
On tient debout… parfois à genoux
Mais eux là-haut… ne savent rien de nous
On tient debout… parfois à genoux
Mais eux là-haut… ne savent rien de nous
Ils parlent de chiffres
Comme on parle du temps
Des courbes qui montent
Mais jamais des gens
Ils disent « nécessaire »
Ils disent « temporaire »
Ça fait des années
Qu’on traverse l’hiver
Ils parlent d’emplois
Qu’il faudrait mériter
Comme si vivre
Devait se négocier
Ils entendent tout
Mais traduisent autrement
Ceux d’en haut… décident pour nous
Ceux d’en haut… sans rien savoir de nous
On tient debout… parfois à genoux
Mais eux là-haut… ne savent rien de nous
Ils promettent… ils corrigent
Ils annoncent… puis s’effacent
Chaque mot creuse l’écart
Entre leurs phrases… et nos places
Ceux d’en haut… décident pour nous
Ceux d’en haut… sans rien savoir de nous
On tient debout… parfois à genoux
Mais eux là-haut… ne savent rien de nous
On tient debout… parfois à genoux
Mais eux là-haut… ne savent rien de nous
Un jour ils diront…
qu’ils n’avaient pas le choix
Mais nous…
on saura
Qu’ils savaient
