Pourquoi cette chanson ?
Cette chanson, je ne l’ai pas écrite seulement en pensant aux noms gravés sur les monuments.
Je l’ai aussi écrite en pensant à mon grand-père.
Il avait connu la guerre de 14-18. Il avait combattu et, en 1918, il fut grièvement blessé. Une balle de mitrailleuse lui avait perforé un poumon. Il en revint vivant, mais marqué à jamais.
Alors, forcément, lorsque je parle de ceux qui ont sacrifié une partie de leur jeunesse et parfois bien davantage pour notre liberté, pour moi ce ne sont pas seulement des pages dans un livre d’histoire. Il y a un visage. Une histoire. Celle de ma famille.
Je ne voulais pas écrire un chant de guerre. Je voulais simplement me souvenir et dire merci.
À mon grand-père d’abord. Et à tous ceux qui sont partis sans savoir s’ils reviendraient, à ceux qui ne sont jamais revenus, comme à ceux qui ont continué à vivre avec leurs blessures.
Parce que la liberté dont nous profitons aujourd’hui a eu un prix.
Se souvenir, pour que demain reste libre.
Paroles
Je me souviens de tes silences,
Plus lourds que de longs discours.
Tes mains posées sur la table,
Marquées par d’anciens jours.
Tu ne parlais pas pour te plaindre,
Tu racontais sans bruit.
Et dans tes yeux je voyais
Un monde disparu… mais vivant en moi aujourd’hui.
Un matin de mémoire et de vent,
Je marchais près de toi.
Le vent faisait frémir les drapeaux,
Mais jamais ta voix.
Devant les noms gravés dans la pierre,
Tu ôtais ton chapeau doucement.
Tu disais : “Regarde bien…
La paix a le visage des absents.”
Au nom de la liberté,
Tu as laissé ta jeunesse.
Au nom de la liberté,
Tu as porté tes blessures en silence.
Et moi je vis sans chaînes aux poignets,
Sans peur au fond des nuits.
Si je respire libre aujourd’hui,
C’est parce qu’un jour… tu as dit oui.
Je me rappelle tes cicatrices,
Que tu montrais sans orgueil.
Ce n’était pas de l’héroïsme,
C’était le poids du deuil.
Tu disais : “La liberté,
Ce n’est pas un mot qu’on crie.
C’est un trésor qu’on protège
Chaque jour de sa vie.”
Quand le monde me paraît fragile,
Quand la mémoire se fait courte,
Je repense à ta force tranquille
Qui avançait sans escorte.
Tu étais simplement un homme
Qui refusait de plier.
Et parfois, c’est cela seulement
Qui permet au monde de continuer.
Au nom de la liberté,
Je veux rester fidèle.
Au nom de la liberté,
À ta mémoire éternelle.
Et si mes enfants me demandent
Pourquoi le ciel est encore ouvert,
Je leur parlerai d’un homme
Qui a tenu face à l’enfer.
Au nom de la liberté…
Que jamais elle ne s’éteigne.
Au nom de la liberté…
Que nos cœurs s’en souviennent.
Je marche libre…
Parce que tu as tenu.
